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Mercredi
24 novembre : Le
journaliste me rappelle pour confirmer son heure d'arrivée.
Nous installons une caméra cachée et son
magnétoscope
dans un coin, je sors des vieux fringues censés être
ceux de Marie-Charlotte ( la fausse fille ) et nous réexpliquons
aux petits que Marie-Charlotte est leur grande-soeur qu'il
faut l'appeler Lolotte et qu'elle dort dans la chambre
de notre fille.
Je me looke à outrance pour lui donner matière à et ça
sera récurrent dans toute cette histoire, pour le
mercredi, j'ai donc un jean's léopard rose et un
pull à trou
vert fluo. Le journaliste appelle pour dire qu'il est à la
gare et Fab part le chercher, pendant que nous rions nerveusement
avec Cécilia.
Il
nous mitraille de questions sur un ton très intime pendant
une bonne heure et finit par nous dire que le sujet l'intéresse
( " une vraie histoire avec des vrais gens " )
en nous décrivant le principe de l'émission.
Il semble déjà avoir sa petite idée du reportage et il commence
déjà à nous orienter sur l'idée de filmer Marie-Charlotte
( la fausse fille ) à son pensionnat, nous répondons dans un joyeux
choeur que ça n'est pas possible - et pour cause, Marie-Charlotte ne va
dans aucun pensionnat, puisqu'elle n'existe pas - il dévie gentiment et
reviendra sur le sujet une demi-heure après où l'on refusera de
nouveau dans un joyeux choeur.
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L'heure
de son train arrive, il repart non sans avoir tenté de
voir la
petite et timide Marie-Charlotte (
la fausse fille ) seule
et en promettant moults entretiens téléphoniques pour préparer
le reportage.
Notre
enregistrement vidéo n'est pas très satisfaisant au
niveau de l'image - plan quasi-fixe de 2h37 - mais la bande audio
vaut son pesant d'or
de notre point de vue de piègeurs avec les explications sur l'émission,
le concept, sa vision du reportage, etc... |
Jeudi
25 novembre : Un pote à nous qui a accepté de
jouer le rôle
du conseiller d'éducation du pensionnat appelle le journaliste pour confirmer
qu'il est bien hors-de-question
de filmer quoique ce soit dans, autour ou à propos de l'établissement.
Le journaliste
tente le forcing en parlant de la publicité favorable pour un établissement
privé que la médiatisation pourrait apporter, le pote esquive en
rappelant la
situation
dramatique dans laquelle se débat - censément - Marie-Charlotte (
la fausse fille ) et
le journaliste
d'abonder, qu'il fait le reportage pour l'aider, la protèger quelque part
des
mauvais parents indignes que nous sommes, le pote ayant pour rôle de nous
charger,
le journaliste s'engouffre derrière.
Ensuite, le journaliste me rappelle, en fait d'interview, il veut faire un bilan
des options de plans qu'il a, on planifie
la messe du dimanche matin, le dîner du samedi soir, il revient sur le
pensionnat,
je refuse de nouveau, il amorce sur le conseiller d'éducation, m'expliquant
combien
le personnage est odieux et propose encore de me filmer à quelques rues
du pensionnat,
je refuse de nouveau, il suggère d'autres plans et je lui vend le plan
du meilleur
pote à Marie-Charlotte (
la fausse fille ) qui
serait diacre ou apprenti diacre.
La conversation se termine sur un surréaliste : " bon, ben on avance " un
peu
comme si j'étais son assistante et il dit qu'il me rappelle plus tard.
Vendredi
26 novembre
: Le journaliste me rappelle vers midi, il est impératif
qu'il ait le diacre au téléphone avant l'interview, il doit lui
parler c'est
impératif et tout, là maintenant... Je l'embrouille en disant que
le diacre va
le rappeler, que je n'ai pas à donner un numéro de téléphone
privé comme ça... et pour cause, on n'a rendez-vous avec notre
faux-diacre que le soir,
il
n'est
pas
dispo avant, c'est là qu'on doit aussi le présenter à notre
fausse Marie-Charlotte.
Tout
le monde se retrouve à la maison, nous expliquons son rôle et la
situation
exacte à Julien - le faux apprenti diacre, donc - que ça amuse
autant
que
nous
et
il
s'isole
pour
appeler
le journaliste.
Dans
le même moment, Cécilia nous rappelle, le
journaliste vient d'essayer de la joindre sur le portable
de Ben, Ben pris de cours a prétexté être
en cours et à raccrocher, elle va le rejoindre
pour rappeler le journaliste et l'engueuler.
On note au passage que le numéro en question avait été donné à notre
premier interlocuteur qui s'était engagé à ne
pas le garder et que c'est le journaliste qui finit par rappeler
avec.
Évidement, c'est ce moment précis que choisi notre premier interlocuteur
pour rappeler et s'enquérir de la situation avec le journaliste.
C'est une valse des téléphones dans l'appartement, chacun
tentant de s'isoler pour parraître seul.
Le journaliste rappelle une dernière fois, insiste encore sur
l'école et j'évince en reportant la discussion au lendemain.
Il s'impose dès 9 heures avec son équipe, j'arrive à négocier
un 9h30 mais rien n'y fait impossible d'obtenir le 14 heures que nous
espérions, ils ont des plans de coupe à faire, mon interview
tout ça...
Nous nous doutons bien qu'ils espérent s'imposer pour aller chercher
la fausse Marie-Charlotte mais nous savons aussi que ça ne sera
pas possible donc...
Il me lâche quand même un " je prépare un
reportage où je maîtrise rien " assez jouissif
avant de raccrocher.
Bilan
des courses le vendredi soir à la veille des 2 jours de tournage
:
Le
journaliste ne nous apparait pas comme d'emblée sympathique,
son insistance récurente pour filmer l'école après
que nous lui ayons pourtant expliqué qu'il s'agissait de vie
privée,
nous à tous bien fatigués, son insistance pour arriver
tôt ne laisse rien présager de bon quand au fait qu'il
ne revienne pas à la charge le lendemain, à bout nous
avons cédé pour
qu'ils débarquent dès 9h30 mais ça ne nous réjouit
pas et complique singulièrement notre mise en scène.
Quand à sa façon de rappeler Marie-Charlotte (
la fausse fille ) dans
notre dos et sur le numéro de Ben, nous préférons
ne pas y penser, d'autant que nous savons déjà qu'il ne
se prive pas pour baver sur notre dos dès que c'est possible,
confirmations croisées par la fausse Marie-Charlotte et le faux
conseiller d'éducation.
( la suite c'est le tournage et c'est par là )
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